
Elle est couronnée par S.E. Paul Kagame, Président de la République du Rwanda
La famille de Dafroza Mukarumongi Gauthier a fait savoir que les fleurs ne sont pas requises ; les personnes souhaitant contribuer peuvent toutefois le faire, et les fonds seront reversés aux survivants vulnérables du génocide des Tutsi de 1994.
Dafroza Mukarumongi Gauthier, âgée de 72 ans, est décédée le 3 octobre 2026 des suites d’une maladie, selon sa famille ; elle s’est éteinte en France, où elle résidait. Sa famille a annoncé que la cérémonie d’adieu aura lieu le 12 octobre 2026. Selon le communiqué familial, les obsèques comprendront une cérémonie en hommage à sa vie, qui se tiendra à l’église Saint-André (3 Parvis Chanoine Warnier, Reims) à 10 h 30.
Une cérémonie de crémation, réservée au cercle familial restreint, aura également lieu au crématorium de Reims (40 Avenue Maurice Plongeron, Reims) à 13 h 00 (heure française). À 14 h 00, les personnes venues rendre un dernier hommage à la défunte Dafroza Mukarumongi Gauthier seront accueillies pour un temps d’échange et de convivialité ; le lieu de cette rencontre sera communiqué prochainement.
Le communiqué précise : « Ni fleurs ni couronnes. Si vous souhaitez apporter une contribution, les fonds seront reversés aux survivants du génocide des Tutsi, car ce sont eux qui en ont le plus besoin. »
Dafroza Mukarumongi Gauthier était de nationalité rwandaise et possédait également la nationalité française grâce à son mariage avec le Français Alain Gauthier. Après le génocide des Tutsi, le couple a fondé le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR), une organisation basée en France qui œuvre pour l’identification, la poursuite et le jugement des personnes ayant participé au génocide et s’étant réfugiées en Europe. En reconnaissance du rôle important de l’organisation dans la poursuite de la justice, le président Paul Kagame a décerné la médaille *Umurinzi w’Igihango* (Protecteur du Pacte) à Dafroza Mukarumongi Gauthier et Alain Gauthier en 2017, honorant la profonde amitié qu’ils partageaient avec le Rwanda.
Dafroza Gauthier (4 août 1954 – 3 octobre 2026) était une ingénieure chimiste et militante franco-rwandaise, connue pour avoir traqué les auteurs présumés du génocide des Tutsi réfugiés en France et pour les avoir fait traduire devant la justice française. Originaire du district de Huye, elle a perdu son père lors des massacres anti-Tutsi de 1963 et a fui le Rwanda après le coup d’État de 1973. Elle a épousé Alain Gauthier et s’est installée avec lui à Reims. Sa mère ainsi qu’environ 80 membres de sa famille maternelle ont été tués durant le génocide de 1994.
En 2001, elle a fondé avec son mari le « Collectif des parties civiles pour le Rwanda » (CPCR), à l’origine de la quasi-totalité des plaintes déposées en France contre des suspects du génocide rwandais et ayant contribué aux premiers procès pour génocide tenus en France à partir de 2014. Souvent surnommé « les Klarsfeld du Rwanda », le couple a reçu l’Ordre national de l’Amitié exceptionnelle du Rwanda en 2017. Elle intervenait également fréquemment dans les écoles et les universités pour lutter contre l’oubli et le négationnisme du génocide. Elle est décédée d’un cancer à Reims en 2026.
En 1996, Dafroza s’est rendue au Rwanda avec son mari Alain. Elle y a retrouvé une cousine rescapée du génocide, dont le mari et les deux enfants avaient péri. Durant son séjour, elle a écouté avec effroi les récits des survivants et a décidé de transmettre les témoignages des victimes à un avocat parisien.
Mémoire et reconnaissance

Mme Gauthier intervenait régulièrement dans les établissements d’enseignement secondaire et les universités afin de prévenir l’oubli et de transmettre la mémoire du génocide.
À travers ses actions, elle visait également à combattre activement le révisionnisme. Nous sommes les témoins de cette mémoire ; nous sommes les héritiers de cette histoire. Au Rwanda, entre 1959 et 1994, des Tutsi ont été tués dans l’indifférence générale. Or, la justice contribue à réhabiliter les victimes et constitue une arme contre l’oubli et le négationnisme. Avez-vous entendu la souffrance des victimes, ici même ? Il ne sera plus possible de dire que cela n’a pas eu lieu.
En novembre 2017, le couple a reçu l’Ordre national de l’Amitié exceptionnelle, décerné à Kigali par le président rwandais Paul Kagame, pour honorer les services rendus à la nation rwandaise. Elle a régulièrement été accusée d’être un agent du Front patriotique rwandais. En 2023, un documentaire et une bande dessinée, *Rwanda, à la poursuite des génocidaires*, ont retracé le combat du couple Gauthier, alors que s’ouvrait à Paris, le 13 novembre de cette même année, le sixième procès lié au génocide des Tutsi au Rwanda. En 2024, elle a pris part à la commémoration du trentième anniversaire du génocide des Tutsi.
